La comtesse de Cadente se fait raser

Comme à son habitude, la comtesse de Cadente sortit à six heures et revint au manoir avec un rasoir tout neuf, car l’été était enfin arrivé et elle avait résolu de se débarrasser de la broussaille épaisse qui recouvrait son pubis depuis des mois. Couchée sur le dos dans son lit, les cuisses bien écartées, elle râlait en laissant larbin la raser méticuleusement.

— Je commence à en avoir plein le cul de cette mode à la con de se raser la motte. Quand je pense que je me soumets à cette corvée depuis qu’on m’a mis la main dans la culotte pour la première fois…

— Madame la comtesse n’a qu’à laisser son sexe au naturel, répondit larbin. Ce ne serait pas la première fois qu’elle s’oppose aux dictats absurdes que la société impose aux femmes.

— C’est facile à dire, mais dans notre milieu, si on veut de l’action, il faut avoir la plotte au cuir. C’est une règle non-écrite de l’univers des kinksters.

— Je n’ai pas du tout cette impression, mais si madame la comtesse le dit… ne bougez pas, je vais faire le capuchon du clitoris.

— Dans le sens du poil, han !

— Naturellement, madame la comtesse.

— Je n’ai pas envie d’avoir la chatte constellée de poils incarnés et de pustules.

— Voi…là. Terminé.

— De quoi ça a l’air?

— Madame la comtesse veut que je lui tende un miroir?

— Non. Je veux le test de la langue. Si c’est râpeux, c’est que tu as oublié des spots.

— Ce sera un plaisir, madame la comtesse.

Larbin passa une débarbouillette entre les cuisses de la comtesse pour enlever les poils coupés, puis passa sa langue sur le mont de Vénus et les grandes lèvres, descendit jusqu’à l’anus, puis remonta par les aines pour finir sur les petites lèvres et le clitoris. Un goût de mouille et de savon envahissait sa bouche, mais sa langue ne détecta aucune rugosité. Fier de son ouvrage, larbin se releva, essuya son menton et dit :

— Le test est concluant. Tout est glabre et parfaitement lisse. Est-ce que madame la comtesse désire que je poursuive mes soins buccaux jusqu’à l’orgasme?

— Peut-être plus tard, larbin. J’ai plutôt envie de te récompenser pour tes bons soins de nounier.

— Nounier? demanda larbin, interloqué.

— Bah oui. Un barbier, c’est quelqu’un qui rase la barbe. Donc logiquement c’est le nounier qui rase la noune.

— La créativité lexicale de madame la comtesse est sans limite.

— N’est pas? Je vais même t’apprendre un nouveau mot, larbin : estrapade.

— Je soupçonne qu’il s’agisse d’une forme de torture cruelle et raffinée.

— Cruelle, indéniablement. Raffinée… je suis moins sûre.

— Est-ce que madame la comtesse aurait la générosité de m’expliquer de qui il en retourne?

— C’était un supplice très pratiqué dans la France de l’Ancien Régime pour punir les soldats déserteurs et les protestants (lorsque c’était la saison de leur persécution). L’estrapade était si courante qu’on avait nommé place de l’Estrapade le lieu où à Paris on l’infligeait aux condamnés.

— Habiter sur une rue qui porte le nom d’une torture… quel rêve.

— Un cauchemar, plutôt, quand on sait ce que l’estrapade implique. Le bourreau attachait les bras de la victime dans le dos, puis la hissait tout en haut d’une quinzaine de mètres.

— Aie.

— Attend la suite. Le bourreau laissait alors la victime tomber brusquement, mais sans que son corps touche terre – ce qui entraînait la dislocation des épaules, avec toute la douleur qu’on imagine.

— C’est comme l’ancêtre du saut en bungee, l’élasticité en moins.

— Alors, larbin? Ça te dit d’essayer la chose? En fait, les prémices de la chose, han. Je n’ai pas envie de t’abîmer pour de bon.

Larbin frémit.

— Qu’est-ce que madame la comtesse a en tête?

— Oh, trois fois rien. Je t’attache les poignets dans le dos, je les hisse grâce à la poulie du plafond du donjon et je termine en te donnant ta récompense.

— Madame la comtesse est trop bonne. Je ne crois pas être méritant.

— Je sais, je sais. Ma bonté me perdra, c’est certain. Allez! Ramasse tout ce barda de rasage, je te veux à poil dans le donjon dans cinq minutes!

Larbin obéit avec enthousiasme. Après avoir mis la débarbouillette dans le panier à lessive, vidé et rincé la bassine et rangé le savon et le rasoir, il descendit au donjon et eut tout juste le temps de se dévêtir avant l’arrivée de sa Maîtresse.

— Mets-toi debout sur le tapis de sol et mets tes mains dans ton dos! ordonna la comtesse.

La comtesse de Cadente lui passa les menottes qu’elle fixa au crochet d’une longue corde qui passait dans la poulie du plafond. Elle tira ensuite délicatement, pour que les bras de larbin se soulèvent aussi haut que possible. La position fut rapidement des plus inconfortables pour larbin; ses bras lui faisaient mal et tremblaient, mais puisqu’il ne dit pas le safeword, la comtesse le tira encore plus haut, jusqu’à ce qu’il ne tienne que sur ses orteils.

— Comme ça, ça ira. Laisse-moi maintenant fixer le tout pour que tu restes sagement en place.

C’est ce que la comtesse fit en attachant l’extrémité de la corde à un des anneaux du mur du donjon. Elle admira ensuite son œuvre : larbin avait les bras relevés très haut vers l’arrière, son corps perlé de sueur était arqué vers l’avant et les muscles de ses jambes étaient bandés par l’effort. C’est à ce moment qu’elle décida qu’il était temps pour larbin de bander tout court. Elle extirpa la clé de la cage de chasteté de son soumis d’entre ses seins et la déverrouilla.

— Bordel! Mais qu’est-ce que ça a pu pousser là-dessous dis-donc! s’exclama la comtesse en voyant le pubis et le sexe de larbin. Il va falloir sortir le taille-bordures, j’ai bien peur.

Larbin ne répondit rien, tant il était concentré à tenir en équilibre sur la pointe de ses pieds. La comtesse haussa les épaules, puis s’agenouilla devant son soumis; l’heure de la récompense était venue. Elle taquina le gland de larbin du bout de la langue, puis la fit passer le long de sa verge. L’effet fut immédiat et larbin se mit rapidement à bander. La comtesse le prit alors en bouche et le pompa vigoureusement et dix secondes à peine suffirent pour le faire jouir. Larbin n’arriva même pas à prévenir sa maîtresse de l’approche de sa semence; il ne fit que crier et éjaculer son foutre dans la bouche de la comtesse. Sans même prendre le temps de recracher, elle se releva à toute vitesse et coupa la corde avec des ciseaux. Encore secoué par l’orgasme, larbin tomba sur le tapis de sol. La comtesse de Cadente s’approcha de lui et échangèrent un doux baiser poisseux de sperme.

L’ironie de tout ça, c’est que j’ai maintenant un poil de nounier pris entre les dents, se dit plus tard la comtesse de Cadente avant de se retirer dans ses appartements.

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