La comtesse de Cadente découvre les vertus du gingembre

Comme à son habitude, la comtesse de Cadente sortit à six heures et revient peu de temps après avec une faim de louve. Par chance, elle trouva larbin qui s’affairait déjà dans la cuisine.

— Hum ! Ça sent drôlement bon ! Qu’est-ce que tu nous prépares, larbin ? demanda la comtesse.

— J’ai pris l’initiative de préparer un plat végan pour madame la comtesse. C’est très sain, nutritif et meilleur pour la santé de madame que la poutine qu’elle a sûrement avalé à la hâte au bureau ce midi.

La comtesse fit la moue en haussant les épaules.

— Et qu’est-ce que c’est, au juste ?

— Tofu sauté aux carottes, gingembre et miel accompagné d’une salade d’endives aux poires, radis noirs et croûtons.

— Beuk! Pas du fucking tofu! grimaça la comtesse de Cadente.

— Vous allez voir, comtesse, c’est délicieux. Dans le wok, j’ai fait revenir l’oignon et le tofu sur feu moyen pendant cinq minutes. Ensuite, j’ai ajouté les carottes, j’ai couvert et maintenant, je laisse mijoter sur feu moyen.

 — Ah. Super, dit la comtesse en réprimant un bâillement.

— Il ne me restera ensuite qu’à ajouter le miel, la sauce soja et le gingembre, puis poursuivre la cuisson environ cinq minutes. Servi avec du riz, ce sera délicieux.

— Du gingembre? Vraiment? demanda la comtesse, soudainement en appétit.

— Oui. J’ai cru bon d’intégrer le gingembre frais dans la diète de madame. C’est un puissant antioxydant, un anti-inflammatoire naturel qui favorise une meilleure digestion, qui aide à combattre la fatigue, qui est bon pour le cœur et les fonctions cardio-vasculaires en plus d’être un allié puissant face au diabète, disserta larbin en épluchant ledit gingembre.

— Tu oublies une des plus importantes vertus du gingembre, dit la comtesse en souriant malicieusement. Tu connais le figging, larbin?

— Euh… hésita larbin, perplexe.

— Ça s’écrit avec deux « g ». Google moi ça et ce sera ta punition si tu me démontres que tu la mérites.

C’est ce que larbin fit sur son téléphone, pendant que son sauté finissait de mijoter. Il apprit que le figging est une pratique consistant à insérer un morceau de racine de gingembre écorchée dans l’anus du soumis afin de générer une sensation de brûlure aiguë, qu’historiquement c’était une méthode de punition pour les esclaves de la Grèce antique, mais qu’elle a depuis été adoptée comme une pratique par les adeptes du BDSM.

Plus tard, lorsque le repas fut terminé, larbin échappa par fausse mégarde une assiette en desservant la table.

— Un assiette cassée! Dois-je comprendre que tu mérites d’être puni? demanda joyeusement la comtesse de Cadente.

— Je suis confus, madame la comtesse, bredouilla larbin, le rouge au front.

— Ces excuses sont si mauvaises que les deux bras m’en tombent. Va tout te suite chercher la bouteille de lube et mon martinet. Stat!

Pendant que larbin courait chercher ces accessoires, la comtesse de Cadente se rendit dans la cuisine pour préparer le gingembre. Elle le pela, puis le sculpta adroitement en forme de petit plug anal. Elle prit soit que la racine soit lisse, sans aspérités râpeuses ni arêtes. Lorsqu’elle fut satisfaite de son travail, elle descendit au donjon rejoindre larbin qui s’était déjà installé cul nu, le ventre contre le chevalet.

— J’adore quand tu n’attends pas mes ordres pour te mettre en position pour une bonne correction, dit la comtesse en enfilant des gants de latex.

Elle commença par lubrifier abondamment le rectum de larbin. Certains puristes du figging estiment que c’est une atteinte au savoir vivre d’agir ainsi parce que le lubrifiant diminue l’effet du gingembre. La comtesse avait toutefois comme principe strict de toujours utiliser du lube pendant toute relation anale – et tant pis pour les puristes.

— Tu es prêt à souffrir, larbin ? demanda la comtesse.

— C’est à madame de choisir quand et comment je mérite d’être châtié, répondit larbin.

— Brave garçon, va. Prends une bonne respiration!

La comtesse enfonça le bout de gingembre dans l’anus de larbin qui sentit immédiatement la brûlure causée par les sucs de la racine.

— Alors? Ça chauffe, larbin? Tu vas voir, dans à peu près cinq minutes, ce sera presque intolérable.

La prédiction de la comtesse s’avéra. Après exactement cinq minutes, le malaise devint si intense que larbin en eut le visage baigné de sueurs.

— L’effet va durer pendant encore une bonne demi-heure, surtout si tu serres les fesses. Tiens, je vais t’aider un peu à le faire, dit la comtesse en empoignant son martinet.

Larbin se trouva alors dans une situation intenable, car serrer des fesses accentuait la brûlure, mais ne pas les serrer rendait les coups de martinet encore plus douloureux. Le pauvre ne savait plus où donner de la tête (et du cul). Se rendant au bout de la douleur, larbin finit par devenir ivre d’endorphines, flottant vers le subspace, ce lieu enchanté où l’âme est projetée hors du corps.  

«Oublier les vertus aphrodisiaques du gingembre… quelle faute de goût», se dit beaucoup plus tard la comtesse de Cadente avant de se retirer dans ses appartements.

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