La comtesse de Cadente se rend à la quincaillerie

Comme à son habitude, la comtesse de Cadente sortit à six heures – cette fois-ci avec larbin – pour faire un peu de shopping au Réno-l’entrepôt. Puisque c’était leur première sortie à deux en public, elle avait décidé de faire les choses en grand: elle avait mis ses bottes de cuir à talons aiguille lacés jusqu’aux genoux et son corset de pvc préféré. Quant à larbin (qu’elle promenait en laisse), il portait un t-shrit très ajusté où on pouvait lire son nom en grosses lettres

— Ne trouves-tu pas que nous formons un joli couple de banlieusards, larbin? demanda la comtesse en donnant quelques petits coups secs sur la laisse. Bientôt, on ira même acheter ensemble des barils de dix-huit litres de mayonnaise chez Costco!

Larbin ne répondit pas, tant l’humiliation et la délectation de se faire traîner en laisse devant les badauds scandalisés était grande. Son visage était écarlate et sa bite, coincée dans sa cage de chasteté, lui faisait mal.

— Excusez-moi jeune homme, demanda la comtesse à un commis qui avait les yeux rivés sur son téléphone, je cherche le rayon des outils électriques…

— Allée quatre, répondit le jeune cuistre sans lever les yeux de son portable, ce qui soulagea un peu larbin.

La comtesse de Cadente tira larbin vers elle et lui susurra à l’oreille:

— C’est triste de voir à quel point le service se dégrade dans les grandes surfaces, n’est-ce pas, larbin? Tu pourrais tellement leur en apprendre sur le sujet à ces blancs-becs…

Elle trottina ensuite vers l’allée quatre en traînant larbin en laisse et en chantonnant «♫♪♬♩ Mon Dieu, quel bonheur! ♫♪♬♩ D’avoir un mari bricoleur! ♫♪♬♩». En arrivant, elle tomba nez-à-nez avec sa grande amie, la vicomtesse de Branlebraquemard.

— Comtesse ! Quelle merveilleuse surprise! s’écria la vicomtesse.

— Mademoiselle de Branlebraquemard! Si je m’attendais à ça!

Les deux femmes se firent la bise, puis la vicomtesse jeta un regard à larbin.

— Je vois que tu as un nouveau domestique… il est mignon comme tout! Est-il bien dressé?

— Disons qu’il fait des progrès lents, mais réguliers, répondit tout sourire la comtesse. C’est d’ailleurs pour cela que je suis venue ici. J’ai besoin d’outils de discipline de qualité industrielle parce que franchement, j’ai le bras qui fatigue, à la longue.

— Serais-tu à la recherche d’un instrument pénétratif, par hasard? s’enquit la vicomtesse.

— Tu lis dans mes pensées, très chère.

— Si tu le permets, j’aurais peut-être quelque chose à te suggérer…

La vicomtesse de Branlebraqumart fit quelques pas, puis attrapa une scie alternative portative.

— Oh ! Quel bel outil! s’exclama la comtesse de Cadente.

— Je ne te le fais pas dire, chère comtesse. À la fois légère et compacte, cette scie alternative permet d’atteindre aisément les endroits exigus, procure une longueur de course de 2,5 centimètres et offre des vitesses variables jusqu’à 2 900 courses par minute ajustables avec précision pour un contrôle et une efficacité de premier ordre.

— Wow !

—  Son moteur sans brosse assure un rendement et une durée de fonctionnement accrus. De plus, sa lumière DEL permet d’éclairer efficacement la zone travaillée – surtout dans la pénombre d’un donjon éclairé à la chandelle. Et puis, avec Bosch, on ne se trompe pas.

— C’est vrai que les boches ont grandement contribué à l’avancement de la domination, plaisanta la comtesse. Mais je me demande… comment vais-je faire pour remplacer la lame par un dildo?

La vicomtesse de Branlebraquemart sourit, fit une recherche internet rapide sur son téléphone, puis le tendit à la comtesse.

— Tu vois? Ce site spécialisé offre des adaptateurs en acier chirurgical – ainsi que toute une gamme de godemichés dont les tailles peuvent convenir aux sphincters les plus exigeants.

— Chouette! Je le prends, dit la comtesse avec enthousiasme. Larbin, sors-moi ta carte de crédit!

— Oui, comtesse, répondit larbin qui n’avait rien manqué de la conversation et qui s’inquiétait quand même un peu pour l’intégrité de son fondement.

La comtesse de Cadente se tourna vers la vicomtesse et, pleine de reconnaissance, lui dit :

— Quelle chance de t’avoir croisée ce soir! Ce ne sont pas les tire-au-flanc qui travaillent ici qui auraient pu me donner des conseils aussi utiles. Comment pourrais-je te remercier?

— Hum… Comme ça? Tout de suite?

— Bien sûr. Qu’est-ce que tu as en tête?

La vicomtesse de Branlebraquemart sourit malicieusement, puis dit :

— J’irais bien dans les toilettes des femmes pour me prendre une langue sur le clito et deux doigts dans la chatte.

La comtesse de Cadente remit la laisse à son amie.

— Amuse-toi bien. Il adore aussi se faire pisser au visage, ce vermisseau – au cas où tu voudrais lui faire une gâterie.

— Tu es un ange, très chère! Ne t’inquiète pas, je vais te le remettre en bon état de marche!

— Amuse-toi bien, chérie! Tu me le retourneras à la caisse quand tu auras fini!

 «Contrairement à la quincaillerie, j’accepte les retours même sans reçu», se dit beaucoup plus tard la comtesse de Cadente avant de se retirer dans ses appartements.

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